AI et Robots : plus de productivité, moins d’emplois

La «robolution» — ou révolution des robots — a commencé. Certains métiers du Droit et de la Finance sont déjà touchés, mais d’ici cinq ou dix ans près de la moitié des professions pourraient être concernées par ce phénomène. Quand un système d’intelligence artificielle, qu’il soit inclus ou non dans un robot, fait le travail d’une dizaine de personnes, le gain de productivité est évident. Mais l’impact sur l’emploi l’est aussi.

« Mon patron est un robot… et il vient de me licencier ». Entendra-t-on cela un jour prochain autour de la machine à café ? »

Oui, si l’on suit les conclusions de la plupart des études, enquêtes et livres récemment publiés sur le sujet.

Des études dont les conclusions convergent

La première enquête à avoir posé la question sérieusement date de 2013. The future of Employment: How susceptible are Jobs to Computerisation (1) a été réalisée à l’université d’Oxford par Carl Benedict Frey et Michael Osborne. Elle conclut que 47% des emplois aux États-Unis et 35% au Royaume Uni présenteraient un risque élevé d’être automatisés au cours des dix ou vingt prochaines années.

Une étude de 2014 du cabinet conseil Roland Berger pour la France (2), une autre pour le laboratoire d’idées européen Breugel (3) vont dans le même sens. Le PewResearch center (4), l’organisme France Stratégie (5), qui dépend du premier ministre, le Brookfield Institute (6) en 2016, pour le Canada, ainsi qu’une grande enquête lancée par McKinsey (7), dont les premiers résultats sont connus, nous annoncent tous l’intégration progressive du couple AI/Robots dans l’économie.

Une série de livres parus ces deux dernières années, comme The Rise of The Robots de Martin Ford, Humans need not apply, de Jerry Kaplan, Robot will steal your job but that’s OK, de Federico Pistono, The Second Machine Age d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAffee et The Future of The Professions, de Richard et Daniel Susskind, analysent le phénomène en profondeur. Tous prédisent un impact massif du tandem AI/Robot dans l’économie, mais ils divergent quant aux conséquences sur l’emploi de ce phénomène.

Certains auteurs poussent plus loin la prospective. Considérant l’impact négatif sur l’emploi comme un fait acquis, ils se font l’avocat d’un nouvel ordre économique et social, tel Andrew Stern, qui a démissionné de son poste de président de l’Union internationale des employés de service (SEIU) parce que, a-t-il expliqué, « Les bons emplois disparaissaient et je n’avais pas de réponse ». Après trois ans d’enquête, il préconise la mise en place d’un revenu minimum universel dans un un livre qui vient de paraître : Raising the Floor: How a Universal Basic Income Can Renew Our Economy and Rebuild the American Dream .

Un point de vue différent au sein de l’OCDE

Une voix dissonante cependant, celle de trois chercheurs de l’OCDE qui, à partir d’une méthodologie qui leur est propre, ont abouti à des résultats très différents. Dans leur étude (un working paper qui ne représente pas la position officielle de l’institution sur le sujet) de 2016, The Risk of Automation for Jobs in OECD countries, a comparative analysis (8), ils estiment que seulement 9% des emplois sont à risque aux US (contre 47% dans l’étude d’Oxford) et seulement 9% des emplois au Canada.

Les auteurs de l’étude de l’OCDE considèrent que l’approche de Frey et Osborne a le tort de prendre les emplois comme un tout, alors que seules certaines tâches, parmi les emplois étudiés, pourraient être accomplies par des robots. En concentrant leur recherche sur des tâches précises, ils réduisent considérablement le nombre des emplois qu’ils jugent réellement menacés par l’intelligence artificielle.

L’étude de McKinsey

L’étude McKinsey s’efforce de contourner ce biais en se concentrant sur l’analyse de certaines catégories d’activités dans les professions étudiées. Elle est conduite par trois chercheurs qui ont analysé plus de 2000 activités liées à plus de 800 professions, en se basant notamment sur le temps passé à chacune de ces activités et sur la faisabilité (compte tenu des technologies existantes) de leur automatisation. L’étude complète sera publiée en 2017, mais des résultats sont déjà disponibles pour les États-Unis. Ils ont été publiés dans l’article Where machines could replace humans — and where they can’t (yet) (11) et concluent que 45% des tâches étudiées et 60% de toutes les professions examinées pourraient voir 30% ou plus de leurs contenus réalisés par des systèmes automatiques (logiciels et/ou robots).

Faisable vs souhaitable

L’étude de McKinsey nous rappelle que même s’il est techniquement possible de remplacer l’humain par un robot pour une certaine tâche cela ne veut pas dire que ce soit une solution intéressante. Quatre autres paramètres sont à prendre en considération :

- Le coût du développement et de l’implantation du hardware et du software correspondant à l’automatisation recherchée.

- Le coût du travail humain ainsi que l’offre et la demande de travail dans le territoire où aurait lieu l’automatisation. Au Bangladesh et au Pakistan, les salaires sont encore si bas qu’une entreprise pourra choisir d’éviter de s’engager dans la robotisation. A contrario, si la Chine est devenue le premier consommateur de robots industriels, c’est parce que les salaires ont fortement augmenté dans les zones côtières .

- Les quantités produites, la volonté d’obtenir une qualité moyenne supérieure, la diminution du nombre d’erreurs dans le processus de production, peuvent compter davantage que la réduction des coûts salariaux.

- L’acceptabilité sociale, les règlements en vigueur, peuvent aussi être déterminant dans la décision. Ainsi certaines tâches aujourd’hui réalisées par des infirmières pourraient être confiées à des robots, mais le besoin de contact humain n’y trouverait pas son compte.

Au Canada

L’étude du Brookfield Institute, The talented Mr.Robot, The impact of automation on Canadian’s workforce (Juin 2016) considère que 42% des travailleurs canadiens courent un risque élevé de voir leur activité automatisée dans les 10 ou 20 ans qui viennent. La méthodologie utilisée est un croisement de celle des professeurs Frey et Osborne dans l’étude d’Oxford précédemment citée et d’une méthodologie propre à McKinsey.

Top 5 des emplois les plus exposés à la «robolution» au Canada :

1. Vendeur dans le commerce de détail. La probabilité est de 92%. Cela concerne actuellement 656 000 employés.

2. Adjointe administrative. La probabilité est de 96%. Cela concerne actuellement 329 000 employés.

3. Cuisinier et vendeur de restauration rapide. La probabilité est de 91%. Cela concerne actuellement 313 000 employés.

4. Caissière. La probabilité est de 97%. Cela concerne actuellement 309 000 employées.

5. Camionneur. La probabilité est de 79%. Cela concerne actuellement 262 000 employés.

Top 5 des emplois les moins exposés :

1. Gérant dans le commerce de détail. La probabilité est de 20%. Cela concerne actuellement 363 000 employés.

2. Infirmière. La probabilité est de 1%. Cela concerne actuellement 291 000 employés.

3. Éducatrice de garderie et enseignant au primaire. La probabilité est de 0,4%. Cela concerne actuellement 271 000 employés.

4. Assistante en garderie ou au primaire. La probabilité est de 0,7%. Cela concerne actuellement 188 000 employés.

5. Enseignant au secondaire. La probabilité est de 0,8%. Cela concerne actuellement 174 000 employés.

Des exemples : MacDo, avocats, financiers….

Restauration — Selon Martin Ford, auteur de Rise of the robots, une entreprise de San Francisco travaille sur un robot capable de préparer 400 hamburgers par heure

Hôtellerie — Au Japon, le Henn-na Hotel (littéralement « Hôtel étrange » en Japonais) a ouvert ses portes en Juillet 2016. Dans cet hôtel, 90% des taches sont assurées par des robots, les 10 employés humains de l’hôtel se partageant les 10% restant.

Santé — Dans l’une des ailes de l’hôpital de l’université de Californie à San Francisco, un robot nommé Tug, apporte des médicaments et des repas aux patients, entre autres tâches.

Droit — Dans le domaine juridique, l’automatisation de certaines tâches a commencé il y a plusieurs années déjà. Le New York Times, dans un article de 2011, mentionnait le logiciel de la société Blackstone Delivery (Palo Alto), qui avait permis d’analyser 1,5 millions de documents pour moins de $100.000. Le quotidien signalait aussi que l’année précédente la firme Clearwell avait utilisé pour un cabinet juridique un logiciel qui avait analysé et classé 570,000 documents en deux jours. Le cabinet juridique avait alors pu en une journée sélectionner 3500 documents et répondre dans les délais à une demande de présentation de pièces au tribunal.

Associated Press a annoncé en juin 2016, qu’elle allait désormais faire écrire par des logiciels les informations concernant 10 000 matchs de baseball de ligues mineures chaque année.

Interrogé par le PEW Research Center pour l’étude AI, Robotics, and the Future of Jobs, un avocat d’un grand cabinet américain a répondu ceci :

« L’industrie dans laquelle je travaille emploie des milliers de personnes pour réviser des documents. Ces personnes ont déjà commencé à être remplacées par des algorithmes prédictifs. En 2025, ces emplois n’existeront plus que pour les documents les plus abscons et par conséquent des milliers de juristes se retrouveront sans travail. J’ai du mal à imaginer une industrie où le savoir et la réflexion ont plus d’importance que dans le Droit, et pourtant nous sommes en train d’être remplacés par des machines. Je pense que le même phénomène va bouleverser de nombreuses industries »

Finance — La société Deep Knowledge Venture (DKV), société de capital-risque installée à Hongkong utilise un programme informatique nommé Vital (pour Validating Investment Tool for Advancing Life), qui « siège » désormais à son conseil d’administration. Fabriqué par Analytics, une société de conseil britannique, le programme ne se contente pas de mouliner des ratios financiers calculés à partir des prévisions des dirigeants d’entreprises en quête d’investisseurs. Il utilise aussi la gigantesque base de données qu’il a en mémoire concernant les technologies et les entreprises du secteur visé par l’entreprise, les fournisseurs d’appareils médicaux et de médicaments, les politiques et règlements des agences gouvernementales, et les derniers changements survenus dans les institutions financières et les instituts de recherche. Ce qui lui permet de répondre en quelques minutes aux questions que se posent les membres du CA, là où il aurait fallu des semaines de travail et de coordination à une équipe humaine.

Construction — Des recherches sont en cours pour fabriquer des imprimantes 3D géantes, capables de construire une maison ou un immeuble.

Les interprétations : ceux qui sont confiants

Face à ce phénomène, les optimistes se retrouvent sur les positions suivantes :

1. Les enseignements de l’Histoire. D’autres révolutions technologiques ont eu lieu, et elles ont finalement profité à tous ;

2. Un phénomène moins massif qu’on ne le craint. Le nombre d’emplois ou de tâches remplacés sera en fait limité ;

3. Les technologies créeront de nouveaux emplois. La fertilité et la vitesse de développement des nouvelles technologies est telle qu’elles créeront dans un avenir proche un nombre considérable d’emplois dont nous ne pouvons encore aujourd’hui imaginer la nature ;

4. La mondialisation nous impose la robotisation. Les contraintes de la globalisation font que la robotisation est nécessaire si nous voulons maintenir notre compétitivité et donc notre croissance.

John Tamny, Political Economy Editor du magazine Forbes est un bon specimen d’optimiste. En mars dernier, il a intitulé une de ses chroniques dans Forbes : Why robots will be the biggest job creators in world history. « Job creation, écrit-il, is always and everywhere the happy result of technological advances ».

Garry G. Mathiason, président de la firme Littler Medelson, spécialisée dans les problèmes juridiques liés à l’utilisation des robots, est convaincu qu’il y « aura déplacement et repositionnement des individus dans des emplois que nous n’avons même pas encore mais que nous aurons dans le futur. Si vous regardez l’histoire, ce genre de bouleversement est en cours depuis un moment déjà. Pas d’une façon aussi rapide que ce à quoi nous assistons, mais le phénomène existe déjà néanmoins ». Et il donne l’exemple de l’agriculture, qui employait 70% à 80% de la population, contre moins de 1% aujourd’hui.

Jeremy Kaplan (auteur de Humans need not apply) pense que la révolution de l’Intelligence artificielle créera en définitive de nouvelles catégories d’emplois et accroîtra la richesse globale de la société. « Sur le long terme, dit-il, je suis raisonnablement sûr que nous nous en trouverons mieux ».

Joel Mokyr, professeur d’Économie et d’Histoire à l’université Northwestern, se réjouit de voir que des emplois ennuyeux vont disparaître (il cite le travail des secrétaires dans les bureaux ou celui des personnes qui prennent des commandes). Pour lui les emplois qui resteront, et qui seront eux aussi en partie automatisés, offriront aux gens des tâches d’un niveau plus intéressant et davantage centrés sur les rapports inter-individuels.

Pour Raymond Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google, dans un entretien avec des journalistes du Washington Post : « L’automatisation élimine toujours plus d’emplois qu’elle n’en crée si vous ne considérez que les circonstances qui encadrent l’automatisation. C’est ce que voyaient les Luddites dans les changements de l’industrie textile anglaise au début du 19e siècle. Les nouveaux emplois sont venus de l’accroissement de la prospérité qui a suivi et de nouvelles industries ».

Éric Ballot, économiste à l’École des Mines Paris Tech., illustre la position des plus pragmatiques. À la question « Faut-il avoir peur des robots ? » il répond: « Non, c’est le prix à payer pour assurer notre compétitivité. Plus fiables, plus précis, moins chers et jamais fatigués, les robots permettent de réaliser d’importants gains de productivité et d’améliorer la qualité des produits. Redonnant une chance à l’industrie française face à l’Inde ou à la Chine ».

Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee ont écrit, avec The second Machine Age, un livre très documenté dans lequel ils affirment leur conviction que les nouvelles technologies sont l’équivalent d’une nouvelle révolution industrielle et apporteront à l’humanité autant de bienfaits que les précédentes.

Néanmoins ils ne nient pas les problèmes d’emplois qu’elles créeront : « Le progrès technologique, écrivent-ils, va laisser dans sa course un certain nombre de gens en arrière, peut-être même beaucoup de monde. Comme nous le montrerons, il n’y a jamais eu une période plus propice pour les travailleurs qui ont des savoir-faire spécialisés et la bonne éducation, parce que ces personnes peuvent utiliser la technologie pour créer et capter de la valeur. Cependant, il n’y a jamais eu de période aussi mauvaise pour un travailleur qui n’a que des savoir-faire « ordinaires » à offrir, parce que les ordinateurs, les robots et les autres technologies digitales sont en train d’acquérir leurs savoir-faire et leurs habiletés à une vitesse extraordinaire ».

Les interprétations : ceux qui sont inquiets

Les pessimistes considèrent que les robots prendront des emplois aux humains dans des proportions telles que nous aurons à faire face à un grave problème social.

- La question de la productivité est centrale en économie, et on espère que les robots vont la relancer, alors qu’elle montre dans tous les pays avancés des signes de ralentissement depuis plusieurs années. Robert J.Gordon, dans l’un des plus importants livres d’économie paru aux États-Unis ses deux dernières années ( The Rise and fall of american growth), consacre au contraire un chapitre à relativiser de l’impact des nouvelles technologies sur la productivité. Pour lui, les différentes révolutions technologiques ne se valent pas. Les innovations passées (machine à vapeur, électricité, moteur à explosion, chimie, etc.) ont transformé l’économie de manière plus profonde que ne pourra le faire le développement du numérique.

- L’idée que les nouvelles technologies détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent est très répandue. Pour Wendell Wallach, professeur au centre interdisciplinaire sur la bioéthique de l’université de Yale (auteur de A dangerous master : how to jeep technology from slipping beyond our control) : « Nous avons atteint un point de bascule où la technologie détruit désormais plus d’emplois qu’elle n’en crée.(..) Cette situation, qui n’a pas d’équivalent, pourrait selon moi entraîner toutes sortes de ruptures lorsque le public comprendra que nous sommes véritablement au milieu du chômage technologique. »

- La question des travailleurs sans travail, ceux que le développement technologique laissera de côté, préoccupe un plusieurs économistes et universitaires.

o Tyler Cowen, professeur d’économie à George Mason University, écrit dans son dernier livre, “Average is Over”, que les économies avancées semblent se diviser entre un petit groupe de travailleurs dont les savoir-faire sont très compatibles avec l’intelligence des machines, pour lesquels il a de grands espoirs, et le reste… pour lequel il n’en a pas autant.

o De son côté, Gill Pratt, qui a été jusqu’à récemment directeur du programme DARPA (Defense Advanced Research Project Agency) à Arlington en Virginie, décrit la situation en ces termes : « Les capacités accrues des robots feront baisser la valeur du travail humain dans de nombreux secteurs. Dans les sociétés hautement éduquées les capacités humaines en termes d’offre de travail sur le marché évoluent lentement. En d’autres mots, la croissance des capacités des robots pourrait être si rapide que les travailleurs humains se retrouveront avec peu de chose à offrir ».

- D’autres auteurs prennent au sérieux le risque de voir se produire une fracture sociale sans précédent.

o Matthew Bidwell, professeur de management à l’université Wharton : “L’une des perspectives que l’on peut avoir est que ces technologies sont à ce point complexes que nous verrons un petit nombre d’organisations en contrôler toujours davantage. Il y a une énorme barrière à l’entrée. (…) Si les emplois changent autant que ce que l’on nous annonce, pour moi le plus inquiétant ce sont les implications politiques — la concertation massive de pouvoir qui pourrait probablement en résulter ».

o Vinod Khosla, un des capital-risqueurs les plus connus dans la Silicon Valley, prédit que « Dans la mesure où le travail et le jugement humain deviendront moins nécessaires, le travail sera dévalué par rapport au capital et plus encore par rapport aux machines apprenantes (machine learning) ».

o Ce que Lee Drutman résume ainsi dans un article du National Interest (When robots rise) : « La démocratie peut-elle s’épanouir quand de plus en plus de gains vont à des machines qui sont physiquement plus fortes et intellectuellement plus rapides qu’un simple mortel ?».

Il est trop tôt pour départager les opinions qui opposent les confiants aux inquiets d’aujourd’hui. Mais la question “Qui contrôlera les robots ?” est la question qu’il faut se poser dès maintenant.

1/ The future of Employment: how susceptible are jobs to computerization? Carl Benedikt and Michael A. Osborne. Septembre 17, 2013.

2/ Les classes moyennes face à la transformation digitale. Roland Berger. 2014.

3/ The computerization of European jobs. Bruegel blogpost, July 24, 2014.

4/ AI, Robotics, and the future of jobs. PewResearch Center. August 6, 2014.

5/ L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore. Nicolas LeRu. France Stratégie. Juillet 2016.

6/ The talented Mr.Robot. The impact automation on Canada’s workforce. Brookfield Institute. June 20016.

7/ Where machines could replace humans and where technology can’t (yet). mckinsey.com

8/ The risk of automation for jobs in OECD countries. A comparative analysis. Melanie Arntz, Terry Gregory, Ulrich Zierahn, OECD 16 juin 2016.

Webographie

  • 20 métiers qui vont disparaître à cause des robots. Les affaires.com. 15/sept/2015.
  • « En 2050, les gens avec moins de 150 de QI ne serviront à rien ». Laurent Alexandre. Motherboard.vice.comAI, Robotics, and the future of jobs. PewResearch Center. August 6, 2014.
  • AI Robots will sit on company’s board of directors. Psfk.com. 2014/06.
  • Don’t replace people. Augment them. Tim O’Reilly
  • How Uber’s autonomous cars will destroy 10 million jobs end reshape the economy by 2025. Zackkanter.com, 23 janvier 2015.
  • Industry 4.0. BGC April 2015.
  • Is a Cambrian explosion coming for robotics? Gill A. Pratt. Journal of Economics Perspectives — Volume 29, Number3 — Summer 2015. Pages 51–60.
  • Les classes moyennes face à la transformation digitale. Roland Berger. 2014
  • L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore. Nicolas LeRu. France Stratégie. Juillet 2016.
  • Review: ‘Human need not apply’ by Jerry Kaplan. Emma Jacobs. Ft.com
  • The computerization of European jobs. Bruegel blogpost, July 24, 2014.The end of the accounting profession as we know it? Andrew Harbison, CA Today. 5 july 2016.
  • The future of jobs: the onrushing wave. The Economist. Jan 17, 2014.
  • The future of Employment: how susceptible are jobs to computerization? Carl Benedikt and Michael A. Osborne. Septembre 17, 2013.
  • The future of jobs. Employment, skills and workforce strategy for the fourth industrial revolution. World Economic Forum. January 2016.
  • The future of work : how you can ride the wave of change. Knowledge @ Wharton. July 29, 2016.
  • The great decoupling. The rapid advance of machine learning presents an economic paradox: productivity is rising, but employment may not. McKinsey Quaterly.
  • The next technology revolution will drive abundance and income disparity. Vinod Khosla. Forbes. 11/06/2014.
  • The risk of automation for jobs in OECD countries. A comparative analysis. Melanie Arntz, Terry Gregory, Ulrich Zierahn, OECD 16 juin 2016.
  • The Robotics revolution. The next great leap in manufacturing. BCG. September 2015.
  • The robots are coming… to take your job. Knowledge@Wharton. Mar 02,2016.
  • The talented Mr.Robot. The impact automation on Canada’s workforce. Brookfield Institute. June 20016.
  • Un emploi sur 3 va être bientôt pris par un robot au Québec ! Olivier Schmouker. 20/06/2016.
  • We have reached a tipping point where technology is now destroying more jobs than it creates, researcher warns. Cadie Thompson. June 3, 2015. Business insider.com
  • When the robots rise. Lee Drutman. Nationalinterest.org. 2016/08/30.
  • Where machines could replace humans and where technology can’t (yet). mckinsey.com
  • Why are there still so many jobs? The history and future of workplace automation. David H. Autor. Journal of economic perspectives — Volume 29, Number 3 — Summer 2015. Page 3–30.
  • Why robots will be the biggest job creators in world history. John Tamny. Forbes, 1 March 2015.

Bibliographie

· The Rise of The Robots. Martin Ford

· The End of Nice. How to be human in a world run by robots. Richard Newton

· Humans need not apply. Jerry Kaplan

· Men without work. America’s invisible crisis. Nicholas Eberstadt,

· Robot will steal your job but that’s OK. Federico Pistono

· The Second Machine Age. Erik Brynjolfsson et Andrew McAffe

· The Future of The Professions. Richard et Daniel Susskind

· The rise and fall of American growth. Robert J. Gordon

· Raising the Floor: How a universal Basic Income Can Renew Our

Economy and Rebuild the American Dream. Andrew Stern

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